Séminaire Champ Lacanien animé par

Sybille GUILHEM (AP) &

Marie Noëlle LAVILLE (AME)

 

Le Séminaire Champ Lacanien a pour objectif de permettre la rencontre de la psychanalyse avec les discours propres à d’autres champs que la pratique de la psychanalyse. Chaque année, à partir d’un thème, des invités viennent présenter leur point de vue, invités témoins des subjectivités de notre temps, auxquelles la psychanalyse s’intéresse, notre temps qui quoique souvent qualifié de décomplexé ou de décalé, n’en a pas moins recours aux semblants nécessaires au pacte social entre les personnes. La limite en est surement la dis-corps que le langage induit dans les jouissances et le réel qui peut surgir de confronter les différences ou les convergences.

Prochaine date à retenir :
Sybille Guilhem et Marie Noëlle Laville invitent Anne Marie Cocula - Historienne
Samedi 23 novembre 2019 à 11h à la Machine à Musique-Lignerolles, consultez l'affiche ici

Thème du Séminaire Champ Lacanien 2019 : L'Autre

A Genève en 1975, Lacan explique ce qu’il en est du langage pour l’humus, l’humain. Ce langage, Lacan l’appelle lalangue, mot construit sur le modèle du mot lallation qui correspond au bruit langagier produit avec beaucoup de plaisir par l’infans, celui qui n’articule pas encore de paroles dans des phrases. L’infans est donc sensible à ces sonorités et aux sensations qu’il éprouve à les produire.

Alors pourquoi un jour, malgré ce plaisir, accepte-t-il de sortir de cette lallation, de ce S1, « essaim » si satisfaisant qu’il est, de fait, une expérience de jouissance? C’est parce que les signifiants de l’Autre, ce bain de langage, l’attirent et l’inscrivent, au champ de l’Autre qui est une marque définitive de son désir.

Le langage est donc là avant le sujet, il est de l’Autre, il est le lieu de l’Autre. Il y a rencontre avec ce qui vient de l’Autre.

Cette naissance au champ de l’Autre permet l’avènement du sujet.

Lacan ajoute que pour le sujet qui naît à la parole, « il y a en lui quelque chose, une passoire qui se traverse, par où l’eau du langage se trouve laisser quelque chose au passage, quelques détritus avec lesquels il va jouer, avec lesquels il faudra bien qu’il se débrouille.1 »

L’Autre est donc préalable au sujet et l’être humain, qu’il parle ou qu’il ne parle pas, est dans le langage. L’antériorité de l’Autre sur le sujet le détermine comme produit des signifiants du désir de l’Autre. Mais ce désir de l’Autre est énigmatique et c’est une difficulté pour le sujet qui doit émerger avec ses signifiants propres pour accéder à son propre désir.

Il faut d’abord qu’il accepte de sortir de cette jouissance, ce réel initial pour « accepter sa stupide et ineffable existence » et qu’il se sépare des signifiés de l’Autre. Il le réalise par les deux temps de causation du sujet : aliénation/séparation.

Donc là où le sujet était assigné à une place, pur signifié de l’Autre, un deuxième signifiant vient l’en déloger. C’est sous cette réserve qu’il pourra interroger les pierres de touche de son existence : le sexe et la mort.

1 LACAN J., (1975) Le symptôme. Conférence à Genève. Le Bloc-notes de la psychanalyse. 1985

Mais ce lieu de l’Autre n’assimile pas tout. Une part est expulsée et recueillie dans ce petit condensateur qu’est l’objet a. La prise dans le langage entraîne une perte, une expulsion de jouissance hors corps qui se condense dans l’objet a et dont l’Autre ne peut être garant. Il y a un manque dans l’Autre. L’Autre est manquant pour ce qui concerne la jouissance du sujet. Il n’en répond pas. Le rapport du sujet à l’Autre « comme présence sur fond d’absence2 » n’est plus une simple prise dans le langage mais une expérience à partir d’une question posée à l’Autre : Che Vuoi ? Que veux-tu ? Le sujet fait alors l’expérience de la rencontre de son désir avec celui de l’Autre. C’est à ce niveau là que s’appréhende l’Autre comme tel, c’est-à-dire l’Inconscient.

De là, nous pouvons décliner tout ce que cette présence sur fond d’absence a d’important pour l’humus au nom de cette insccription au champ de l’Autre.

Nos invités nous aideront à avancer sur ces questions :

D’abord Anne-Marie Cocula, historienne, traitera de la question de la rencontre, notamment la rencontre Amour-Amitié à propos de Montaigne et La Boétie. (le 23 novembre 2019)

Ensuite nous parelrons de la question du corps, avec Thomas Dolié, baryton récompensé aux Victoires de la musique 2008 (le 8 février 2020)

Puis nous évoquerons un Autre plus réel que cotoie la science avec Thomas Pradeu, philosophe de la biologie (le 10 mars 2020).

Et encore, l’inscription signifiante dont Alain Borer (sous réserve) nous situera l’enjeu dans le champ qui est le sien d‘essayiste et d’écrivain (le 4 avril 2020) Ce séminaire sera cloturé le 13 juin 2020 par Bernard Nominé,

psychanalyste (AME) à Pau.

Ce thème de l’Autre suggère à sa source que c’est la rencontre qui importe pour tout être humain, qui dès lors s’inscrit comme sujet dans le lien social, dans les discours. Grace à nos invités, à la Machine à Lire et à votre présence fidèle, il apparaît que de la rencontre est possible lors de nos échanges. Nous essayons sûrement les uns et les autres, psychanalystes ou pas, de nous nourrir de ces

2 LACAN J., (1958-1959) Le Séminaire Le désir et son interprétation. Livre VI. Leçon du 12 novembre 1958. Inédit.

échanges qui nous éclairent sur les subjectivités de notre temps et la dynamique des désirs qui les anime. Notre séminaire est donc plus rencontre, dialogue que connexion, afin de ne pas nous enfermer dans les limites de notre propre langage (psychanalytique), ce qui serait dès lors faire consister un Autre absolu, contraire aux enjeux même de la psychanalyse.

Mais pour ceux que ce séminaire laisserait sur leur faim de « plus de psychanalyse pure » (si cela existe en dehors de l’expérience même de la cure) via les concepts, les textes et la clinique, notre groupe local de l’EPFCL, pôle Bordeaux- région renommé récemment pôle Atlantique, organise des séminaires, groupes de travail et de lectures, formations cliniques dont vous trouverez le détail sur notre site.

MNL

Séminaires précédents 

(Avec la collaboration de la Machine à Lire, 8 place du Parlement Ste Catherine à Bordeaux.

Année 2015-2016 : Du langage à lalangue

- Le 12 décembre 2015 :

Sylvie DARREAU, éditrice de La Cheminante à Ciboure, en présence de plusieurs de ses auteurs comme Julie Cuvillier-Courtot et Béata Umubyeyi-Mairesse www.lacheminante.fr

- Le 8 janvier 2016 :

Alain BORER, auteur, poète, essayiste, à propos de son ouvrage « De quel amour blessée… » (Gallimard) www.alainborer.fr

- Le 13 février 2016 :

Marc Alexandre OHO BAMBÉ, poète-slameur, à partir de son ouvrage « Le chant des possibles » (Ediions La Cheminante)

htpps://capitainealexandre.com

 

Année 2016-2017 : Masculin/Féminin

- Le 18 février 2017 :

Anne-Marie COCULA, historienne

malagar.fr

- Le 25 mars 2017 :

Alain BORER, auteur, poète, essayiste

- Le 6 mai 2017 :

Xavier JULIEN-LAFERRIERE, violoniste, directeur artistique des « Festes Baroques en Terre de Graves et du Sauternais ».

www.festesbaroques.fr

- Le 7 octobre 2017:

Nicole BOUSSEYROUX, Psychanalyste à Toulouse

Pour son livre: Réel de Femmes (Editions Stilus)

Année 2018: La Nomination

-Le 3 mars 2018:

P. David SENDREZ, Théologien au Collège des Bernardins.

https://www.sinod.fr

-Le 31 mars 2018:

Gabriel Mwènè OKOUNDJI, poète.

-Le 26 mai 2018

Jean-Pierre PICHARD-STAMFORD, Maitre de Conférence à l'IAE de Bordeaux.

-Le 13 octobre 2018: 

Marie-José LATOUR, Psychanalyste à Tarbes, AME de l'EPFCL. 

-Le 1er décembre 2018: 

Michel ITURRIA, dessinateur. (Editions CAIRN)

Année 2019: Expérience et ttransmission

-Le 2 février 2019 :

François Dubet, professeur émérite de l'Université de Bordeaux.

-Le 2 mars 2019 :

Claire %Mestre, anthropologue.

-Le 8 juin 2019 :

P. David Sendrez, prêtre et théologien.

-Le 21 septembre 2019 : 

Sol Aparicio, psychanalyste, AME de l'EPFCL.